EDS Chapitre 8: Turbulences

Salut à tous,

Un chapitre d’EDS! Woah ça faisait longtemps! En fait, j’avais du mal à écrire, je me relisais et je trouvais chacun de mes paragraphes nuls…

Enfin bref, dites moi ce que vous en pensez parce que j’en ai besoin!

Prochain chapitre de GK demain si j’avance bien XD

Quoi d’autre, j’ai un nouveau projet potentiel, mais je n’en dis pas plus pour le moment mouhahaha…ce sera une surprise!

Par contre, sachez que je recrute toujours, des trads aussi bien que des checkeurs.

Merci à toutes mes petites brebis qui commentent!

Enjoy,

Exserra.

Chapitre 8: Turbulences

Nous avions mis un peu plus d’une heure à descendre dans la vallée.

Pour la première fois du voyage, le carrosse avait ralenti l’allure. En descente, les chevaux qui devaient retenir le poids du véhicule, avaient plus de mal à assurer leurs pas.

Et ce n’était pas pour me déplaire !

Je pris le temps d’apprécier la vue, de découvrir toutes les nouveautés qui s’offraient à moi au fil de notre avancée. Ainsi, très vite après avoir amorcé notre descente, je pus observer la forêt en contrebas de notre itinéraire.

Je n’avais pas pu la voir au sommet de la colline car elle se trouvait plus en retrait par rapport au col que nous avions franchi.

L’apparition de cette masse verte juste sous nos pieds me surprit, mais je compris enfin pourquoi Liam vantait tant l’abondance de ces terres. Qui dit forêt, dit gibier. Et la végétation dense laissait penser que c’était le cas. A tout moment, je m’attendais à voir un cerf pointer le bout de ses cornes à la lisière du bois.

A deux pas de la forêt se dressait une scierie. Des artisans s’occupaient des arbres que les bûcherons venaient de couper. Avec des gestes précis, ils sciaient les troncs en deux, se débarrassaient de l’écore puis ajustaient la taille pour leur donner la forme carré des poutres de soutènement.

Honnêtement, en tant que citadin, je n’avais jamais visité de scieries ou de menuiseries et je trouvais que le travail accompli ressemblait à de la magie. Ils transformaient littéralement des troncs massifs en poutres, planches ou meubles, comme un illusionniste sortirait des lapins de son chapeau. Pourtant, au contraire des derniers, ces artisans élaboraient quelque chose de concret. Ils pouvaient améliorer les conditions de vie de leurs contemporains, tout comme être amenés à concevoir des engins de siège semant mort et destruction.

A présent arrivés au cœur de la vallée, nous progressions sur une route qui serpentait au milieu des champs de blés. Le fameux canal issue des douves de la cité comprenait plusieurs dérivations permettant d’irriguer ces terres agricoles.

La première chose qui me frappa fut le bonheur ambiant, femmes et hommes s’adonnaient ensemble à la culture des champs. Le sourire aux lèvres, les hommes fauchaient le blé pendant que les femmes les rassemblaient en fagots. Les enfants passaient ensuite par derrière pour ensemencer la terre à nouveau, y déposant une graine. La scène me parut incongrue tant elle illustrait le cycle de la vie auquel nous étions tous soumis. Et malgré la sueur qui perlait aux fronts des villageois, leur labeur se déroulait sous le ton d’aimables conversations du style « le petit dernier des voisins est vraiment adorable » ou « j’espère que l’hiver sera aussi clément que l’année dernière».

Sont-ils vraiment maudits ? Est-ce que les descendants du traître sont vraiment mauvais ?

« J’ai du mal à y croire… » dis-je à voix haute.

Liam et Shin se tournèrent vers moi, les deux haussaient les sourcils d’un air interrogateur.

« Quoi, il n’y que moi qui trouve ça bizarre…l’attitude décontracté des villageois? C’est à peine s’ils nous regardent du coin de l’œil… »

Le convoi s’arrêta brusquement, et je manquai de tomber à la renverse en me cognant dans la personne me précédant. Notre caravane était à l’entrée de la ville, les larges douves nous narguaient, le pont-levis commençant à peine s’abaisser pour nous permettre le passage.

Au dessus de celui-ci, sur le chemin de ronde, plusieurs sentinelles se tenaient au garde à vous, le regard fixé sur l’attelage en tête de file.

Enfin arrivé à destination me dis-je.

C’est alors que le carrosse fut parcouru d’une secousse. L’instant d’après, la porte s’ouvrit violemment dans un grand bruit de fracas. Une silhouette en sortit tête la première. Elle tomba en avant mais parvint à se rattraper de justesse en se réceptionnant sur les mains. Une roulade plus tard, elle se redressait comme montée sur ressort, sa longue chevelure cascadant sur le côté pendant son ascension éclair.

Son visage se dévoila, et je me figeai de stupéfaction.

« Kaori… »murmura un Shin médusé à mes côtés.

Une autre silhouette apparut dans l’embrasure de la porte, entièrement drapée de blanc, un écusson du Duché du Traître brodé au fil d’or à l’emplacement du cœur.

« Gardes! Arrêtez-la! » déclama l’homme.

Kaori n’eut pas le temps d’évaluer son environnement que les quatre gardes servant d’escorte au carrosse l’avaient encerclé, le fer de leur lames pointé contre son cou.

Je sentis un mouvement près de moi et croisai le regard de Shin alors qu’il me dépassait, se déplaçant aussi vite que ses chaînes le lui permettaient. Ce que je vis au fond de ses yeux me laissa perplexe: j’y avais décelé une lueur d’espoir ténue, voilée par la colère sourde qui semblait le consumer.

La suite des événements se déroula au ralenti, comme si les quelques secondes écoulées dans le feu de l’action s’étaient muées en heures.

Les quelques gardes toujours présents à nos côtés depuis le début de notre voyage ne mirent que peu de temps à réagir en voyant Shin s’écarter de la colonne du convoi. A la façon d’automates, ils tirèrent leurs épées au clair d’un geste fluide. Une vitesse d’exécution digne d’une garde seigneuriale dont je savais maintenant qu’ils faisaient partis.

Ils tentèrent dans un premier temps de se saisir de Shin, l’agrippant de leurs mains libres. Mais Shin les repoussa les uns après les autres. Poignets joints et paumes ouvertes vers l’avant, il les frappait du plat de la main, les projetant d’un bon mètre en arrière. Le premier garde, surpris d’une telle résistance, s’était retrouvé le cul par terre sans savoir ce qui s’était passé.

Et qui aurait pu imaginé qu’un adolescent affamé pourrait faire preuve d’une telle force si ce n’était un Invoqué.

Les gardes se ressaisirent et choisirent de frapper de leurs lames. Mais une fois encore, Shin fit preuve d’un sang froid et d’une maîtrise époustouflante. Limité dans ses mouvements par les entraves aux poignets et aux chevilles, il se déplaçait par demi-pas successifs. A l’image d’un danseur pratiquant un tango endiablé avec ses adversaires, les demi-pas s’enchaînaient esquivant coups après coups qui le frôlaient sans jamais le toucher vraiment. Shin s’exécutait si rapidement que les spectateurs normaux ne devaient voir qu’une action sur deux, leurs cerveaux trop lents pour analyser l’action se déroulant sous leurs yeux.

D’un coup d’œil entendu, les gardes trouvèrent la parade. Attaquant de front, les trois encore debout frappèrent ensemble en direction de Shin. Le temps n’était plus à l’esquive, mais à la contre-attaque. Élevant ses mains, Shin écarta les poignets pour tendre le lien métallique qui les reliait. Les lames s’entrechoquèrent dans un son de cloche, stoppées par la chaîne. Shin, d’un geste rapide et sec, croisa ses poignets l’un par dessus l’autre. Le nœud formé brisa la pointe des lames dont la plupart se fichèrent dans le sol.

L’indignation déforma les traits des soldats aux épées brisées. Leur honneur bafoué, les plus faibles tombèrent à genoux. Cependant, alors que Shin était lui même surpris par ses prouesses, il ne sentit pas arriver par derrière les gardes qu’il avait esquivé auparavant.

Il était déjà trop tard lorsqu’il vit son ombre au sol doublé de volume. Ils se retourna pour parer l’attaque mais récolta le pommeau de l’arme d’un garde dans la mâchoire en guise de récompense. Ce coup aurait dû la lui briser et lui fêler quelques dents par la même occasion, mais il n’en sortit que sonné.

Après une seconde d’étourdissement, il semblait toujours déterminé à en découdre. C’est la voix cinglante du seigneur qui l’arrêta.

« Il suffit! Comment oses-tu ternir la réputation de ma garde!?  Par quel raisonnement ton cerveau malade a t-il jugé bon d’insulter le maître de ces terres !? »

Malgré les invectives de l’héritier du Traître, Shin restait impassible. Le seigneur contenait sa rage, seules ses narines frémissantes révélaient son état d’esprit. Puis, posément, sa main d’un blanc laiteux pointa en direction de Kaori et de ses geôliers avant de continuer:

« Est-ce donc la mort de ta semblable que tu souhaites? »

Shin ne répondit pas mais ses poings se contractèrent.

« Je vois, cela faisait bien longtemps que ton espèce ne s’était pas rebellé. Tu n’as surement pas pris conscience de ce tu es à présent. Tu es un esclave, autant dire que tu n’es rien! »

L’homme marchait le dos droit, se rapprochant de Kaori et de sa prison de lames affûtées.

– Ecoute moi bien reprit-il, tu n’es qu’un objet. Oh certes, un objet de valeur, mais ne crois pas que cela te protège. Ni toi, ni elle siffla t-il entre ses dents serrées. La prochaine fois que tu oses salir le nom de Justus d’Aliénor, ce sera un sort pire que la mort qui t’attendra déclara t-il, levant vers son visage anguleux la joue de Kaori.

Lentement, il lécha les larmes de désespoir de Kaori, dont les yeux  mornes se révulsèrent au contact de sa langue.

Il n’en fallut pas plus pour pousser Shin à bout. Écumant de rage, il tenta de se relever, faisant ainsi le jeu de Justus. Pendant le discours de leur maître, les sentinelles en poste sur le chemin de ronde avait eu le temps d’aller s’armer dans la tour de garde mitoyenne.

Arbalète en main, le sergent fit feu au claquement de doigt de son souverain.

Le carreau partit à toute vitesse pour s’embrocher dans l’épaule gauche de Shin. La force de l’impact projeta Shin en arrière, accompagné par le craquement sonore des os se brisant.

Shin ne bougeait plus, étendu sur le dos. Le carreau avait atteint l’articulation et la tête humérale semblait s’être délogé de sa cavité. L’os du bras n’était plus raccordé à l’épaule, et on pouvait le voir saillir sous la peau tendue, prêt à la crever comme une baudruche dégonflée.

Finalement, Justus s’avança et lança d’une voix forte:

« Que cela vous serve d’exemple à tous, Invoqués ou non. Quiconque défiera mon autorité ou celle de mes hommes sera châtié! »

Puis il retourna vers le carrosse où son escorte avait déjà ramené Kaori. Et malgré la vingtaine de mètres qui nous séparait, je pus entendre ses dernières directives à l’égard de Shin.

« Emmenez-le avec les autres à la caserne. Mettez-le à l’écart et donnez lui le minimum pour survivre. Nous verrons bien si mon investissement en valait le coup. »

 

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Note de l’auteur:

Désolé pour l’attente!

Comme promis, de l’action! et des révélations même si je me doute que certains d’entre vous l’avaient vu venir XD.

Que nous réservera la suite…une caserne…

Copyright © Exserra Traduction 2016

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11 réflexions sur “EDS Chapitre 8: Turbulences

  1. Merci pour le chapitre, l’ecriture ne m’a pas gênée personnellement (a part le seigneur un peu trop « sadique classique »). Et non je n’avais pas prevu que Kaori serait dans le carosse meme si je me doutais que on l’a reverrais bientôt

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    • Salut, soit tu rejoins un des deux que tu as cité pour te faire connaître, soit tu ouvres le tien et tu t’inscris sur white novel, et sur les reseaux sociaux. Je te conseille aussi de choisir une bonne novel à traduire, y’en a plein des géniales qui ne sont pas encore prises. Si c’est une oeuvre originale que tu veux écrire, y’a plus de vus soreyawari. Après je pense qu’il y’a des sites spécialisés, un équivalent français de road royal peut être mais je le connais pas…et j’ai pas vraiment cherché vu que j’ai un wordpress…

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